En Italie, la femme de ménage d’un musée jette une installation d’art à la poubelle en pensant faire son métier.
Je sais que c’est pas bien du tout, mais cette histoire m’a fait beaucoup rire.
Anna Macchi, une femme de ménage travaillant dans un musée de Bari, a confondu 2 installations en papier journal, cartons et bouteilles vides présentées dans le cadre d’un festival d’art contemporain (Display Mediating Landscape) avec des déchets. Les installations ont fini à la poubelle.
«Je ne me suis rendue compte de rien», explique-t-elle à La Repubblica. «Je suis allée ouvrir la salle, j’ai vu tout ce foutoir par terre, les cartons, les bouteilles de verre au-dessus ses cartons, un vrai bordel. Alors j’ai pris les cartons, les bouteilles, j’ai tout mis dehors». Et puis elle est allée jeter le tout à la poubelle. «Comment j’aurais pu savoir ? Est-ce que je culpabilise ? Non, j’ai simplement fait mon travail. Mais est-ce que je suis triste ? Triste oui.»
L’adjoint à la communication de la ville explique «Nous sommes évidemment fort mécontents de cet incident. Il est clair que la femme de ménage de la salle ne s’est pas rendue compte qu’elle venait de jeter deux œuvres. Mais c’est là tout le mérite des artistes qui ont su interpréter au mieux le sens même de l’art contemporain, qui est d’interagir avec ce qui l’entoure.»
Le critique d’art italien Achille Bonito Oliva estime qu’il s’agit là «de situations d’ambiguïté saine». Qu’une installation n’est pas un tableau délimité par un encadrement mais qu’elle déborde dans un espace ouvert. «Il est donc facile que le regard trébuche et méprenne une œuvre d’art. C’est arrivé à la Biennale de Venise en 1978, quand un peintre en bâtiment avait repeint ce qu’il pensait être une simple porte. C’était un chef d’œuvre de Marcel Duchamp.»
D’autres installations ont fait l’objet d’une méprise. En 2011 à Dortmund, en Allemagne, une femme de ménage avait confondu une installation de l’artiste Martin Kippenberger avec une baignoire sale et avait retiré la patine de cette baignoire. En 1986, une «motte de beurre suintante» (comme la décrit Le Figaro) de l’artiste allemand Joseph Beuys, dans un musée de Düsseldorf avait aussi été «nettoyée».
Alors faut-il critiquer ces femmes de ménage qui font leur travail sans se rendre compte de rien ? Sans doute non puisque tout le monde semble ravi qu’elles aillent dans le sens du travail de ces artistes. Dénoncer la société de consommation… C’est donc en toute logique que tout cela prenne la même direction, celle de la poubelle !


Il y a quelques années, à la FIAC, on pouvait voir, descendant du plafond à l’aide de fils de pêche, des fers à cheval recouverts d’improbables poils. C’était d’une laideur incroyable et certains s’extasiaient comme devant un pur chef d’oeuvre.
Pardon, mon commentaire précédent peut paraître hors sujet mais j’assimile l’art contemporain, qu’il soit de Maupetit ou Jeff Koons, à du grand n’importe quoi. Je suis en totale empathie avec cette dame de ménage et à sa place j’aurai fait pareil…